Si la vie m'était contée, je choisirais de naître entre les lignes, je lirais ta plume au creux du berceau, dans les linges immaculés séchés au soleil, entre deux oliviers.
Si le soleil était un rêve, je le voudrais tiède, comme un de ces matins tendres et mielleux, qui recueille au coeur de l'osier blond une poignée d'abricots fermes et à la fois juteux.
Et si ce rêve, c'était toi, rayonnant, perçant les secrets de mes rondeurs, et de mes intimes recoins, j'ouvrirais grand les yeux.
Et si tu étais l'ombre aussi, guidant les persiennes vers des histoires de peau, je les refermerais aussitôt, apaisée par la fraîcheur de tes dires.
Et si cette histoire était la nôtre, il ne suffit que de deux poignées de soleil et deux rayons d'abricots, pour tresser une gerbe, douce en son sein de trois rangées de rameaux. Quelques mots épars dansent au fond de la natte, quelques têtes d'épis rêvent à l'été.
Le prompteur en panne gémit quelques vers bleus. J'ai mis du temps à comprendre que la vie était belle et banale. Elle me rend chaque jour les fruits de sa laideur. Je les croque, même si leur goût est parfois amer, ils ne donnent que plus de saveur à ce qui n'est pas encore.
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C'est un texte magnifique que tu nous proposes ici Myriam, plein de soleil et d'espoir ! Bravo à Chrissette qui sait mettre l'or des abricots dans ses mots...<br />
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Bravo à Chrissette! J'aime ce genre de poème et Myriam tu devais t'en douter! Le mien sur les catastrophes naturelles ( ou pas? ) traîne un peu mais il viendra! Bisous.<br />
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