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  • : Instit' à la retraite. Mariée, 3 enfants et 2 adorables petits-enfants. Passionnée d'écriture et d'informatique, j'aime communiquer ... j'aime la vie.
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 Mariée, 3 enfants et 2 adorables petits-enfants.
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30 avril 2010 5 30 /04 /avril /2010 05:59

 

La Tempête Xynthia

 

Je suis de ce pays, de L'Aiguillon-sur-Mer.

Mes aïeux, mes parents reposent au cimetière.

En voyant aujourd'hui, ce lieu dans la misère,

Je sens au fond de moi, s'insinuer la colère.

 

Une étrange colère, teintée d'indignation,

En suivant tous ces bulletins d'informations,

Où les intervenants, pour chercher des raisons,

Énoncent des bêtises, des élucubrations.

 

J'entends des « j'savais pas », des « inimaginables »,

Alors que vos maisons sont bâties sur du sable !

Dire que c'est une surprise devient inconcevable,

lorsque derrière des digues, on construit à la diable !

 

Le « marais desséché » est un espace de terre

Que l'homme a patiemment, grignoté sur la mer.

Comme hier, en Hollande, à l'aide de polders,

Il a pu façonner cette surface agraire.

 

J'ai aussi entendu : « elle a repris ses droits »,

En parlant de la mer. Mais est-ce de bon aloi ?

Et plutôt qu'affirmer, se demander pourquoi

L'océan est venu s'installer sous vos toits ?

 

Serait-ce parce que nous oublions nos devoirs,

Que l'onde, en s'énervant, donne des coups de butoir ?

Ou parce que pour construire d'innombrables dortoirs,

Nous avons supprimé ses espaces-déversoirs ?

 

Lorsque j'étais gamin, et même plus tard, ado,

Je sillonnais les rues et chemins à vélo.

Revenir de La Pointe, et le vent dans le dos,

Arriver sur le port, pour guetter les bateaux.

 

A La Faute, près des dunes, nous allions pédaler.

Et le pont traversé, le plaisir nous prenait.

C'était un pur bonheur, le fait de musarder

A travers les pinèdes, les vignes, les prés salés.

 

Près de la Pointe d'Arçay, après les Amourettes,

La forte odeur des pins nous montait à la tête.

Et cette ombre complice, nous offrant une cachette,

Nous incitait à faire une sieste discrète.

 

Bien des étés plus tard, une trentaine d'années,

Ces tendres souvenirs, j'ai voulu retrouver.

A La Faute-sur-Mer, je suis donc retourné,

Simple curiosité, juste pour me promener.

 

Mais, très désemparé, je n'ai rien reconnu.

Avec ces constructions, je me suis même perdu !

Des maisons, des villas, des campings et des rues,

Les images de l'enfance, elles aussi, disparues.

 

Les vignes du grand-père où nous allions, enfants,

Casquettes nous protégeant d'un soleil écrasant,

Grappiller des raisins, les parents vendangeant.

Plus rien de cet endroit, parti dans le néant.

 

A L'Aiguillon itou, au lieu du « Communal »,

Tout un tas de maisons, lotissement banal !

Les « relais », le système anti-crues ancestral ?

Recouverts de logis, sombre manne commerciale !

 

Souvenons-nous des mots lancés par nos aînés :

« De tous temps, l'océan peut venir nous gronder,

Nous ne sommes dans ses mains, rien d'autre que des jouets

Qu'il tolère simplement ou bouscule à son gré ».

 

J'ai, lors de mes recherches, trouvé un document,

Trois mots sur un registre, de près de trois cents ans

Où le curé de Grues (1) racontait simplement

La rupture des digues et un débordement.

 

Mais ce qui est frappant, dans ce court compte-rendu,

C'est la similitude de ces faits survenus

A trois siècles d'écart. Ces épisodes vécus,

Peut-on les qualifier, aujourd'hui, d'imprévus ?

 

Et quelles furent les idées, les envies, les appâts

Des édiles locaux, des services de l'État,

Pour avoir oublié, volontairement ou pas,

La mémoire des hommes, cette conscience-là ?

 

Malheureusement, je crois que c'est encore l'argent

Qui incite le monde à être moins prudent.

Et l'on est criminel, si intentionnellement,

Pour du fric, on ne tient pas compte des éléments !

 

Il a fallu attendre qu'il y ait plus de vingt morts

Pour que dans les esprits, on reconnaisse ses torts.

Mais il est un peu tard pour avoir des remords,

La suffisance de l'homme crée la boîte de Pandore.

 

Avant que de douter complètement de l'homme,

Que pour toutes ses fautes, il subisse un pensum,

Se trouvant emporté dans un grand maelström,

Je propose une pause, ensemble, ad libitum.

 

A quoi sert de vouloir combattre la nature ?

Est-ce véritablement une preuve de culture

Ou de discernement, que de prendre une armure

Et s'isoler du monde, en créant des clôtures ?

 

Car si Neptune s'énerve, profondément lassé

De voir les océans, par l'homme, si malmenés,

Respectons ses colères, ses élans de dureté,

Laissons-lui de l'espace, sachons le respecter.

 

Mais l'homme dédaigne trop l'élément naturel.

Il se pense supérieur, mais vit dans l'irréel.

Croire que tout dominer, ce rêve irrationnel,

N'est de fait, que le vrai péché originel.

 

Ne pas se croire plus fort, mais être intelligent,

S'adapter à son monde, à son environnement,

Nous permettra, à tous, inévitablement,

De comprendre et de vivre avec les éléments.

 

De cette anse, face à Ré, l'homme n'est que locataire,

Mais son propriétaire sera toujours la mer.

Et s'il faut des endroits pour travailler la terre,

Une grande humilité est un mal nécessaire.

  

Mars 2010

 

(1) « Le onze décembre 1740, les eaux coupèrent le bot de Groleau et celui de Garde en plusieurs endroits. Elles restèrent sur les paroisses de Grues, de St-Denis, de St-Michel et de Triaize, six semaines. Le bot de Bourdin fut coupé le 13 décembre même année. Tous les blés furent perdus. L'année suivante, 1741, fut des plus sèche qu'on n'ait jamais vu. Il ne se faucha point de foin dans toute la paroisse de Grues ni dans les prés hauts des autres paroisses. »

 

(Le bot de Bourdin est toujours sur les cartes IGN)

 

Auteur : Gérard GASQUET

 

 http://www.ouest-france.fr/actu/actuLocale_-Les-images-de-la-tempete_4425-127145---------85109-gpd_GaleriePhoto.Htm

 

 

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commentaires

Gérard GASQUET 09/05/2010 10:13



Juste une précision : j'ai trouvé le récit de l'inondation de 1740, en consultant le registre paroissial de la commune de Grues, située à 10 km de L'Aiguillon sur Mer.



Gérard GASQUET 09/05/2010 09:06



Merci Myriam pour avoir présenté mon texte sur ton blog et merci pour tous vos commentaires. Ils me touchent profondément.



Josette 02/05/2010 17:31


oui la prétention humaine n'a hélas pas de limite !


Abeilles50 30/04/2010 10:03


Bonjour MaiRym,
Très bien écrit, et surtout, si vrai !
On ne peut maîtriser les éléments !
On doit s'adapter en les respectant...
Les lois littorales peuvent être tronquées avec une valise de billets : on remarque les conséquences.
Je trouve lamentable, également, ces plages " privées ", ces paillotes... Les côtes n'appartiennent à personne !
Bon week-end. Bizzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzz

NB : Défi n° 29 de la Ruche en ligne... viens faire ton cinéma ! lol


Anne-Marie 30/04/2010 09:05


C'est magnifique et tellement vrai.


annie 30/04/2010 08:40


Je ne peux dire que BRAVO!Il n'y a pas d'autre mot mais s'il y en avait un autre il serait encore plus fort...Merci Myriam pour ce texte qui me touche!


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